Entre la sécurité extérieure d'un Etat souverain et la diplomatie, il n'a y pas de limites, pour pouvoir préserver les intérêts du pays. La DGSE, le KGB, le BND, le FBI ou le Mossad sont conçus pour mener étroitement des missions d'Etat ,en dehors des frontières nationales, pour assurer la sécurité du pays. Ces services sont assurés par une élite de grandes compétences et de talents, hors normes pour garantir l'efficacité. Ariel Sharon et Vladimir Poutine en font partie.
Aux Comores, où on a souvent tendance à calquer, les choses se passent autrement. Ce sont des valets qui occupent ces missions, écartant les vraies compétences pour d'autres considérations. C'est la raison pour laquelle le pays subit toujours car il ne peut en aucun cas prévoir et anticiper un scénario de crises. Pourquoi n'a-t-on pas vu venir le tsunami d'août 1997 qui a ébranlé les fondements de l'Etat comorien ? Pourtant, l'opération a été montée de toutes pièces à l'intérieur/extérieur des frontières du pays, à partir de Mayotte, berceau des Comores.
C'est inimaginable si on attend une action réfléchie d'un subalterne comme Abou Achraf, censé être un des portiers de la DNST qui se voit investi des missions d'un vrai officier.C'est lui qui confectionne les passeports ,qui octroie la citoyenneté aux Bidouns, qui accueille les refoulés comoriens de Mayotte et qui, maintenant s'offre le luxe d'aller dénicher les Comoriens dits en situation irrégulière à Mayotte avec la complicité de la diplomatie comorienne.
L'échec de la mission menée, le 28 octobre dernier, par la Direction nationale de la sûreté du territoire (Dnst) à Mayotte dans le cadre d'une opération d'enrôlement et d'identification des ressortissants comoriens résidant dans l'île s½ur, montre à quel point les questions de circulation des personnes restent sensibles dans cette partie convoitée du territoire comorien.
Les responsables de la Dnst à Moroni, se disent étonnés de ce “revirement” de dernière minute des autorités françaises en place dans l'île ; alors que la mission avait trouvé l'approbation de Paris. “Contrairement à ce qui a été convenu dans l'accord, les autorités préfectorales de l'ile ont refusé d'annoncer notre présence et de mettre à notre disposition un local en dehors de la préfecture. Des gestes dont l'objectif était de saboter notre travail”, a déclaré Mirhane Bourhane, du Ministère comorien des Relations extérieures et chef de la mission. Pauvre diplomate !
La diplomatie est avant tout un rapport de forces. “Les autorités préfectorales ont laissé entendre que dans le cadre de notre travail, tous les dossiers devaient être examinés par un de leurs agents. Ce qui laissait à penser que ce sont les autorités françaises qui allaient décider qui est Comorien et qui ne l'est pas”, a-t-il ajouté. Cette tentative d'ingérence a précipité le départ de la mission. Quelle ingérence ? On négocie avec Paris, on attend l'accueil et les facilités du Préfet et croit-on pouvoir placer un mot ? N'avaient-ils pas une feuille de route et un ordre de mission? N'ont-ils pas lu la déclaration du Ministre comorien des Relations Extérieures, Ahmed Ben Said Djaffar, disant haut et fort à qui veut l'entendre que le refus d'accueillir les Comoriens expulsés injustement de Mayotte par l'administration française menacerait les intérêts de l'Etat. Mais de quel Etat faisait-il allusion ? Il n'a pas précisé de quel Etat s'agit-il. Ce ne serait pas étonnant car le Ministre lui-même, Abou Achraf et Mirhane Bourhane, le chancelier au MIREX sont tous du même moule car entretenus par les services français aux Comores.
Cette mission consistait à faire en sorte que les Comores offrent officiellement à la France environ 17000 clandestins sur un objectif fixé à 26 000 reconduites cette année, en violation du droit comorien et du droit international qui considèrent sans ambiguïté aucune que Mayotte est une île comorienne ? Ahmed Djaffar et ses collaborateurs n'appréhendent-ils pas l'enjeu ou ce sont les facilités de l'Ambassade qui les importent le plus ?
La réponse à cette question est venue du côté de Paris dans une correspondance du ministère français des Affaires étrangères qui a expliqué clairement cet échec. En effet, dans une lettre, en date du 28 octobre 2009, adressée au ministre comorien des Relations extérieures, il est dit que “l'opération ne visait qu'à faciliter dans l'urgence la participation du pèlerinage des citoyens comoriens résidents dans l'île. Il ne s'agissait en aucun cas de la mise en ½uvre générale d'une proposition comorienne de délivrance de document biométrique à Mayotte”. Par contre cette proposition, selon les autorités françaises, aurait été évoquée dans le cadre du Groupe de travail de haut niveau (Gthn), d'où l'implication et l'activisme du diplomate, ancien diplômé de l'ancien URSS. C'est normal. Il ne pouvait qu'agir en fonction de sa formation dans un pays qui a vu s'effondrer impuissamment la deuxième puissance du monde. La diplomatie de Gorbatchev n'a-t-elle pas été roulée en farine par celle de Bush ?
Les autorités de l'ile auraient soupçonné une opération d'identification des Comoriens des trois autres iles qui résident à Mayotte depuis plus de cinquante ans. Ces dernières ont, aux yeux des autorités mahoraises le statut de “clandestins”. La France qui ne considère pas les Comores comme un Etat souverain a affiché les couleurs sans que Moroni ne fasse la moindre protestation. Le président Sarkozy dit clairement qu' « un Commissaire au développement endogène pour l'Océan indien pourrait être chargé de développer les relations commerciales entre la Réunion, Madagascar, Maurice, Mayotte et, pourquoi pas, les pays limitrophes du canal de Mozambique, en mettant en place un système de garantie des investissements Français dans la zone ».
Depuis l'esclavage et la traite négrière, les forces colonialistes ont influencé, voire façonné la psychologie des Africains, à tel point que ceux-ci ne sont que l'ombre d'eux-mêmes. Il fait mal de diagnostiquer un manque total de confiance chez eux à commencer par les dirigeants de leurs services d'abord dont la plupart donnent l'impression de ne voir que dans leur habillement de leadership la jouissance de délices du pouvoir». Mirhane Bourhane, haut fonctionnaire du ministère des Relations extérieures et Abou Achrafi, directeur général de la Sécurité nationale sont rattrapés par leur propre histoire après leur séjour touristique à Mayotte, sous l'impulsion du ministre, Ahmad Ben Said Jaffar. N'est -ce pas ce voyage constitue la suite logique de la mission conduite par M. Mohamed Bacar Dossar, directeur de Cabinet du Chef de l'Etat accompagné de M. Fransisco Madeira, Représentant spécial du Président de l'Union Afriacaine aux Comores pour autoriser le refoulement des Comoriens des trois îles à partir de Mayotte ?
Ces deux fonctionnaires qui entretiennent des relations opaques depuis longtemps avec les Mzungu de la place grâce à leur statut de '' serviteurs'' du France- Afrique, sont prêts, à tout même, nuire les intérêts de tout un peuple pourvu que leur appétit s'améliore. Quelle honte ?
Diplômé de l'ENAP
Anjouan
